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Le Guide Du Cool

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Addict au saucisson, il raconte sa descente aux enfers

Publié par LGDC sur 22 Septembre 2014, 00:10am

Catégories : #humour, #France, #gastronomie, #Saucisson

Cinq heures du matin à Dublin, Irlande, à deux pas d’une station service locale. Sous la lumière des néons blafards, Mathieu attend que la boutique ouvre ses portes. Il a l’air agité, en mouvement constant, dans l’attente de son premier fix de la journée.

"Ici, ils n’ont que du chorizo bas de gamme. Ce n’est pas forcement la meilleure came mais c’est vraiment pas cher et ça peut faire l’affaire pour une journée de trip.”

 

Accroc au saucisson: la descente aux enfers

 

Comme des milliers de français, Mathieu est atteint d’une addiction encore mal connue de la Santé Publique, à savoir la consommation effrennée et incontrolée d’un produit du terroir français, le saucisson, fabriqué en quantité industrielle par des géants de l’industrie agro alimentaire, peu soucieux de ses effets dévastateurs sur une partie de la population.

“ J’ai bouffé du flard - autre nom donné à cette substance psychoactive - pour la première fois à cinq ans. C’était du Justin Bridou classique, et j’ai été rapidement accroc. Je suis passé assez vite à la vitesse supérieure, gouté le saucisson aux noisettes; le Saint Agune et ma consommation n’a cessé de grandir. D’abord une fois par mois, pour devenir une obsession quotidienne. Depuis peu, cette envie a pris une place centrale dans ma vie et j’ai abandonné beaucoup de choses pour en arriver là.”

Les pouvoirs publics français ont encore du mal à chiffrer les conséquences de cette épidémie grandissante. On sait que 75% des français ont déjà gouté au moins une fois du saucisson dans leur vie, 25% ont trouvé cela “l'expérience gastronomique fort appréciable”, tandis 12% ont déjà été impliqué dans un apéro dinatoire lors de ces dix dernières années. Les saucisson addict ( aussi appellé Flard heads connaissent tous un destin similaire. D’abord, une simple fringale, et ensuite une pulsion incontrolée pour cette saucisse de viande séchée qui fait encore l’honneur de la gastronomie française

 

Un mal ancré dans le terroir

“ Vers dix huit ans j’ai su que j’avais un problème. Avec des potes, on bouffait tranquillement un saucisson aux herbes de provence acheté au supermaché. Nous l’avions découpé en tranche sur une planchette en bois, accompagné d’un peu de vin blanc. A mesure que les tranches disparaissaient, j’ai ressenti une angoisse démesurée: je voulais tout bouffer moi-même, quitte à passer pour un salaud égoiste. Pendant que personne ne regardait, j’ai pris le reste de saucisse sèche et je me suis isolé dans les toilettes pour la bouffer.”

Un incident qui annonce déjà une suite difficile. Etre addict au saucisson est une déviance psychique et sociale, qui pousse ses victimes à se détacher des gens normaux. “J’avais un colocataire avant. Il achetait de temps en temps du saucisson pour l’apéritif et je le bouffais systématiquement. Je me levais à trois heures du matin pour engloutir son sauciflard sans aucun scrupule, et forcement on a eu une explication et depuis on ne se parle plus.


Une addiction peu connue et négligée

Comme toutes les addictions, le saucisson a un prix. Moins de deux euros pour le plus bas de gamme (le LIDL étant une référence pour les flardheads fauchés comme les blés), jusqu’à cinq euros ou même plus pour les Saint Agune et les saucissons artisanaux de Savoie, fourrés au fromages, qui peuvent atteindre des sommes exorbitantes. Un saucisson espagnol peut par exemple se vendre 266 euros le kilo.

 

Accroc au saucisson: la descente aux enfers

 

Si aujourd’hui Mathieu se contente d’une méchante ragougniasse, c’est qu’il n’a plus les moyens et voudrait être clean une fois pour toutes. Il a même émigré dans un pays peu réputé pour sa charcuterie: “En Irlande, j’ai réussi à ne rien consommé pendant trois mois. Puis un jour, un apéritif organisé par un français, j’ai replongé.”

Mathieu admet volontiers que le saucisson a pris une place démesurée dans sa vie et que ce simple produit alimentaire l’a amené aux portes du désespoir: “J’ai convaincu un musulman d’y gouter et aujourd’hui il est devenu accroc, obligé de retourner des steaks au MacDonalds pour payer sa défonce.”

 

Une communauté scientifique divisée entre le doute et l’apéro

“ L’addiction au saucisson français et le mal qu’elle provoque est difficilement quantifiable”, assure Gonzague de Saint Doux, interne en psychiatrie à l’hôpital Salpêtre de Bayonne. “ Le saucisson se consomme habituellement partagé entre plusieurs individus, avec un verre de pinard, en discutant de l’actuel gouvernement et du prix du gazole. Si un individu vient à consommer du saucisson de façon solitaire, il déclenche des mécanismes comme le fait de faire beaucoup la sieste, d’avoir des boutons et de roter de façon intempestive.”

Gonzague de Saint Doux explique: Le saucisson agit comme n’importe quelle drogue de type opiacée: l’ingestion du produit déclenche une production de sérotonine dans le cerveau du drogué, le kick initial, suivie par une euphorie et un état de bonheur passagé, impérativement succédé par la recherche d’un autre kick. On estime la dose léthale à plus de 3 kilos par jour, 4,78 kilos pour les individus les plus touchés.

 

Accroc au saucisson: la descente aux enfers

Mathieu, accroc au saucisson depuis sept ans.

 

A ce jour, les autorités sanitaires font encore la sourde oreille face à la menace qui gronde. En France, seulement un centre de désintoxication situé à Joui sur Yvette (95) dispense des soins et des conseils pour les toxicomanes. Devant le manque de moyens, le personnel fait contre mauvaise fortune bon coeur, et oblige ses patients à patienter gentiment jusqu’à l’apéro.

Pour des malades comme Mathieu, les solutions données semblent restreintes. Aprés plus de sept ans sous le joug du besoin naturel en graisse animale, il a du abandonné une vie normale au profit d’une planche en bois, d’un couteau et d’une saucisse sèche de qualité inférieure. “Certains jours, je bouffe le flard sans prendre le temps de le découper ou de retirer la peau chimique qui l’entoure. J’ai du surmonter beaucoup d’épreuves dans ma vie, mais là je ne vois pas d’issue possible."

Chaque jour, vers cinq heures du matin, il s’approvisionnera dans une station service sordide sur le bord d’une route. Pour une dernière bouchée, pour une tranche de plus.

 

Source LGDC

 

Addict au saucisson, il raconte sa descente aux enfers

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Thibault 24/06/2015 05:33

Super article!

Anne-Cécile 23/06/2015 18:03

Jolie rédaction ! Si vous voulez manger du bon saucisson là bas en Irlande passez sur notre site ;)
www.lefilsdelardeschoix.fr, il vient d'ouvrir et vous propose plus de 20 variétés 100% MadeinFrance !
Au plaisir
Anne-Cécile

Mikodos 23/06/2015 15:18

C'est marrant, j'ai moi aussi été obligé de coucher sur papier mon addiction en guise de thérapie. Mais ça n'a pas fonctionné... Je suis malade je crois... http://www.comparateur-saucisson.com/saucisson-sec-drogue-dure/ En tout cas, votre article est très drôle. Venez sur mon blog, ça devrait vous plaire.

LGDC 24/06/2015 20:17

Hey Mikodos!
Alors là, si je me croyais fétichiste du gros flard, je suis tombé sur une sacrée pointure! Un blog extrêmement détaillé sur la chose charcutière, qui laisse à penser que son auteur est tombé dans la marmite quand il était tout môme ;) . Je te souhaite un trés bon appétit cher Mikodos :) !!

serrurier paris 10 21/12/2014 02:36

J'apprécie votre blog , je me permet donc de poser un lien vers le mien .. n'hésitez pas à le visiter.

Cordialement

serrurerie paris 19eme 19/12/2014 16:53

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