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Le Guide Du Cool

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Live Report de NIN (dubonheurenbarre)

Publié par vincentestformidable sur 26 Août 2013, 09:55am

Catégories : #NIN, #musique, #report, #live, #émotion, #orgasme, #epectase, #sexy

     

On est d’accord : Rock En Seine est un festival de vendus. Plus les années passent, plus la bête grossi et attire des milliers de pèlerins n’ayant aucun scrupule à creuser leur déficit budgétaire pour écouter des groupes déjà connus et siroter de la pisse d’âne vendue comme de la bière. Des gens peu fréquentables, des gens comme moi.

Mais quand je viens à Paris, c’est rarement pour enfiler des perles. J’attendais ce concert de Nine Inch Nails comme une lycéenne attend son dépucelage : avec ferveur, anxiété et une dose d’espoirs démesurés.

Si vous ne connaissez pas encore ce groupe au nom imprononçable, on veut bien vous pardonner, mais c’est la dernière fois. Un peu d’histoire : Nine Inch Nails est un groupe de rock industriel actif depuis 1989, contemporain de Marilyn Manson, Tool et Ministry (que des bons). Il a connu un succès planétaire, largement dû à la noirceur de sa musique, à ses performances scéniques et à la personnalité de son chanteur, Trent Reznor, artiste habité par un souci d’innovation et de créativité dont il ne s’est jamais – aux dernières nouvelles- jamais départi.

Il est peu dire que je porte cette personne et son oeuvre dans mon cœur. Un jour, j’ai insisté qu’on me prenne en photo devant un humidificateur d’air parce qu’il y a avait marqué « Reznor » dessus. Déjà dix ans d’amour inconditionnel.

Pour en finir avec le point culture, je vous signale que l’œuvre la plus significative de NIN s’appelle The Downward Spiral et qu’il s’agit globalement d’une heure de paroles désespérément sombres plaquées sur une musique qui ressemble assez à une pelleteuse au démarrage. En 1994, un critique écrivait : « C’est officiel, le meilleur album de cette année donne l’impression d’avoir été enregistré sur une piste d’aéroport. » Une pièce incontournable de ma discographie, l’objet d’une obsession sans borne. Le morceau final, Hurt est une ballade névrotique qui a été reprise par Johnny Cash ( et pas le contraire), ouvrant NIN à une nouvelle génération d’admirateurs.

Parlant de fans, je vous propose un peu de sociologie de comptoir : avant le concert, j’ai vu des centaines de couples de trentenaires avec des t-shirts de la vieille époque. Sachez-le, nous les fans de NIN, on est pas des grosses tapettes qui écoutent du Fauve en buvant du thé vert, mais des anciens ados mal dans leur peau qui ont trouvé dans cette musique un moyen de canaliser leur rage juvénile. Ceci dit, il y avait également pas mal de meufs de dix huit piges qui ont kiffé leur race, pour atténuer le côté « anciens combattants des années quatre vingts dix ».

Dans ces conditions, j’ai vécu ce concert comme beaucoup d’autres gens, un moment jouissif et chaotique que ma mémoire n’est pas prête d’oublier. C’est très émouvant de voir la bande originale de son existence se dérouler devant vous : la musique reste l’une des drogues récréatives les plus puissantes du monde. J’ai passé les trois quarts du set à pogoter aux côtés d’une grosse touriste anglaise qui connaissaient aussi les paroles par cœur. En gueulant des refrains trash du genre « I wanna fuck you like an animal » aux côtés de cette chav de Brighton, j’ai soudain pensé que ma vie atteignait un palier spirituel jamais atteint. Right where it belongs.

La scénographie des concerts est toujours impressionnante. Dire qu’on en prend plein la gueule reste de l’ordre de l’euphémisme. Pour cette fois, un décor sobre, Danny Lohner Robin Finck à la gratte et deux autres inconnus au bataillon. Trent Reznor, silhouette bodybuildée et crâne partiellement dégarni : on aurait dit un Nosferatu sous stéroides.

( La parenthèse vieux con )

Le débat stérile entre les fans de Nine Inch Nails consiste à savoir si la qualité de sa musique a décliné au fil des ans et de ses cures de désintox. Il y a encore des mecs nostalgiques de l’époque où les concerts étaient certainement bien plus violents. On est passé de ceci:

 

A ceci.

 

       

 

En 23 ans de carrière, sa musique est passée d’une décharge de violence viscérale à une orientation plus pop, même si les concerts restent énormes. On ne peut pas se trainer dans la boue et ravager ses claviers toute sa vie, pour l’amour de quelques millions de vieux grincheux.

Hesitation Marks, le huitième album du groupe sort le 2 septembre. A l’écoute des derniers morceaux, il semblerait qu’une chose soit confirmée : Nine Inch Nails n’est plus un giro broyeur auditif mais une version plus calme. Etre et avoir été, on s’en fout un peu : Trent Reznor ne m’a pas déçu une seconde.

 

Au passage, Big Up à Alizée pour avoir supporter mes épanchements de groupie extasiée. On a bien eu du fun.

 

Vive Trent. Vive NIN. 

 

VEF

 

 

 

 

Live Report de NIN (dubonheurenbarre)

Commenter cet article

I 26/08/2013 16:11

Où est la photo avec l'humidificateur d'air please ? Tu ne peux pas nous en parler, comme ça, puis nous laisser comme ça sur notre faim.
J'ai bien pensé à toi et espère que cet enterrement de vie d'ado a été à la hauteur de tes attentes. Puis c'est si bien écrit, comme d'habitude.
A bientôt je l'espère, du côté adulte du miroir ;)
Ta fidèle lectrice.

Alizée 26/08/2013 13:31

Big Up d'une groupie à une autre ! RDV au Pitchfork..

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