Enfin un moyen rentable d’en finir avec les nouveaux Albert Londres.
Bonjour tout le monde,
Vous pensez peut-être qu’à la rédaction du Guide Du Cool (composée de moi-même et d’un photographe payé en pintes gratuites), nous ne nous préoccupons que de sujets inutiles.
Et pourtant, parmi ces conseils judicieux et toujours valables sur les lendemains de cuite, on se préoccupe du reste du monde. Parfois.
L'occasion pour moi de relayer aujourd’hui un article web qui m’a fait sourire et réfléchir à bien des égards, paru sur le site d’infos Streetpress.com.
J’ai eu l’honneur de faire partie de leur fine équipe durant deux mois, en tant que stagiaire. Ce fut une expérience mouvementée et formatrice qui m’a permis de vous expliquer comment avoir l'air cool dans une une cérémonie mystique Et d’autres trucs du genre.
Le 18 décembre est paru sur la plateforme pure-player un article un peu « lol » comme Streetpress les affectionne. Son titre est : On a tenté de délocaliser Streetpress à l’île Maurice.
Sur un ton ironique, le journaliste explique que la rédaction a voulu opérer des coupes budgétaires en embauchant des gens du bout du monde pour écrire leurs articles, moyennant des tarifs modiques.
En insistant sur la pingrerie supposée de Johan Weizsc, fondateur de Streetpress, l’article explique que Rosemees est une société basée à l’Ile Maurice et qui propose carrément de faire le taf à la place de ces feignasses de journalistes français.
Avec ses arriérés d’impôts et les traites de son Yacht à payer, le patron du webjournal n’hésite pas une seconde. Cela faisait longtemps qu’il souhaitait se débarrasser de certains salariés du journal et du fardeau que sont les stagiaires pleurnichards.
Plus de débats inutiles et de charges sociales. La vie rêvée du boss de presse 2.0, en somme.
Un boulot propre et efficace
La rédaction, croyant à une arnaque, mène sa petite enquête et s’aperçoit que ce genre de services ont été adopté par de grandes rédactions françaises. Les magazines de mode et les sites de jeux vidéos étant visiblement les plus concernés, et on n’aura pas de mal à deviner lesquels.
Puisque les mecs de Streetpress préfèrent l’action à la théorie pure, ils sortent leur carnet de chèque pour tenter une petite expérience. Ils contactent la société :
"StreetPress : [On voudrait] un article style reportage, sur l’ouverture d’un bar à chats, à Paris, c’est possible ?
Rosemees Company Limited : Sans problème !"
Le résultat de cette sous-traitance littéraire est à lire ici......................!.
ll a été rédigé pour 9,50€, soit deux fois moins que la pige moyenne. Quand c’est payé.
C’est assez bluffant, mais l’article écrit par un mauricien qui n’a probablement jamais foutu les pieds à Paris est plutôt crédible. Règle des 5 W (What, what, when, who, why:la base), informations et témoignages: c’est largement aussi lisible que les bafouilles littéraires d’un étudiant en journalisme moyen.
La différence avec un étudiant, c’est que les employés de la boîte doivent pondre plus de 21 articles tous les jours. Pissage de copies level Olympique !
Un seul bémol, la photo d’accroche est assez trompeuse. Dans l’article, on nous promet une soixantaine de chattes (!), alors que le cliché représente un pauvre minou esseulé. Trop d’espoirs déçus pour les esthètes du lol-catisme (Marion, casse-dédi, à l’aise) et les amateurs plus modérés de félins câlins.

L’article s’achève également sur un jeu de mot que je n’aurais même pas oser pondre dans un papier pour Streetpress. Trop l’angoisse de voir les petits yeux réprobateurs de M D’Angelo, gardien du temple et du calembour de bon goût, au moment de la lecture de copie. J’en ai encore des sueurs froides.
Je vous encourage donc à lire ce papier écrit par un mauricien payé au SMIC local. Ce n’est certes pas une bonne augure pour le journalisme français, et mondial d’ailleurs, mais il est parfaitement possible de faire de l’information dans un open-space surpeuplé sans savoir exactement de quoi on parle.
(Et ce n’est pas l’auteur de ces lignes qui vous prouvera le contraire.)
Un gros bisou à tous, saupoudré d'espoir
Vive Streetpress et ses précieuses économies budgétaires!
Vive les entreprises de journalisme Offshore dont je solliciterai les services quand je n'aurais plus d'imagination!
N’oubliez pas le vieil adage de la maison :
« Ce que vous faîtes de mieux sur cette planète, un chinois de huit ans le fait deux fois mieux que vous. »
Et là dessus,
Joyeux Noël
LGDC
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